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Les couleurs

VI - L'herbier des couleurs du CPC
écrit le 08/04/2020

Nous avons vu la couleur sous l'angle technique de calcul, mais cela ne nous apprend pas tout au sujet de son utilisation. Je vous propose dans cette page de découvrir les couleurs sous un autre angle, plus sensible cette fois. On peut parler de technique dans la mesure où j'essaie d'aborder des critères sensibles, mais sous des aspects pragmatiques. Il s'agit davantage de mes observations sur les pratiques usuelles, mais aussi mon expérience pratique. Notez que les aspects définis ci-dessous font uniquement référence au rendu sur le véritable hardware.

Cette page sera probablement mise à jour de façon occasionnelle en fonction de mes nouvelles observations.

0 - Noir
Base sur laquelle se définissent les autres couleur. Elle est presque incontournable dans toutes les palettes mode 1, et je ne pense pas avoir déjà vu une palette mode 0 sans noir. On a tendance à régler le contraste du moniteur de façon à avoir la brillance maximale des couleurs et en gardant le noir, qui passerait au gris clair sinon. À noter que ce noir n'est pas "techniquement" un noir absolu. Il reste plus clair que le noir des VBL ou HBL (qui, lui, n'est pas influencé par la molette de réglage de l'écran). C'est particulièrement flagrant sur les écrans monochromes, où ce noir reste vert foncé, alors que les VBL/HBL sont réellement noires (comme si le tube était éteint).

Il faut bien voir que le noir a toujours été utilisé pour les fonds. C'est triste à mourir tant c'est systématique. La raison est certainement que ce fond noir rend le travail plus agréable sur un écran cadencé à 50Hz. Mais quelle qu'en soit la méthode de travail (souvent les PC de nos jours), il est grand temps d'essayer de changer cet état de fait. L'habitude a commencé à être prise tardivement avec d'autres couleurs sombres (1, 3, 4), et parfois avec des couleurs réellement claires. Mais l'habitude reste encore tenace. Il est vrai qu'une couleur est toujours plus vive lrosqu'elle est présentée sur fond noir. Mais gageons qu'après 30 ans, on serait tous ravis de voir de nouvelles couleurs sur CPC. Et le simple fait de changer l'environnement de ces couleurs leur redonnerait une jeunesse.

1 - Bleu (bleu foncé)
Placé stratégiquement dans la palette, il a le défaut d'être la palette système. Lorsqu'il est utilisé sans attention particulière, il peut faire penser à une absence de choix. Ça en fait une couleur très banale. Elle a toutefois l'immense avantage d'être le palier le plus discret avec le noir. Il a une position stratégique dans les fondus de couleur. Tous les fondus l'utiliseront pour terminer d'assombrir une couleur.

2 - Bleu vif (bleu pur)
Couleur assez violente et rarement utilisée : incasable dans les transferts "automatiques", il peut être utilisé par sa grande proximité avec le 5 (pour des dégradés voir dans le jeu Xenon). Il est le dégradé naturel vers le 11 là où le 5 l'est pour le 14. Mais éclaircir le 2 avec le 14 est assez "rustique" si une couleur intermédiaire n'est pas là pour adoucir (le 10 par exemple, comme le fait souvent Eldrik). Il peut trouver son utilité lorsqu'il est question d'imposer une dominante bleue avec peu de place pour l'exprimer. Par exemple, une petite zone bleue de quelques pixels sera vite vampirisée par son environnement direct, mais l'utilisation de cette couleur pourra lui redonner de l'importance par contraste.

3 - Rouge (rouge foncé, marron)
C'est le marron du lot. Souvent utilisé pour dégrader les couleurs chaudes, je lui préfère souvent le violet 4, plus doux. Il peut faire une bonne alternative colorée en arrière plan sombre (le choix se réduisant souvent à 1, 3 ou 4). Il est l'assombissement le plus souvent utilisé pour le vert, avec l'inconvénient de ne pas pouvoir se dégrader davantage (alors que le 4 peut encore descendre avec le 1).

4 - Magenta (violet)
Couleur assez passe partout. Permet des fonds sombres et colorés, d'un rendu très "mat". Elle donne des antialiasings avec toutes les couleurs (même depuis le vert 9), complète par trame le vert 9 pour donner un gris foncé. Cette couleur est un incoutournable en mode 0. Elle est le croisement des couleurs sombres comme le 13 est celui de la palette complète.

5 - Mauve (bleu électrique)
Bave beaucoup avec de nombreuses couleurs, cette couleur remplace plus harmonieusement le 2 dans de nombreux cas, dans la mesure où elle a un côté moins artificiel. Par exemple, si son dégradé naturel est le 14, on peut cependant utiliser le 11 après le 5 : la richesse des 2 couleurs se renforcent l'une et l'autre.

6 - Rouge vif (rouge)
Couleur assez incontournable que nous envie le C64 par sa saturation et sa place maîtresse. Bien que saturée, cette couleur s'intègre à de nombreux dégradés, car cette couleur vive est dans la luminosité intermédiaire avant le gros palier (qui passe de 17 et 18) et parce que la vue peut la brouiller un peu dans certaines conditions. J'aime l'utiliser en complément d'un 12 pour donner un "15 assombri" un peu plus soutenu.

7 - Pourpre (rose vif)
Couleur assez peu utilisée pure, car assez peu marquée (ni rouge ni magenta). On la trouve souvent en dégradé avec ces 2 couleurs, justement pour avoir un lissage très doux. Il fonctionne aussi en complément pour dégrader un 16 par exemple. Couleur préférée de Beb pour assombrir le 16 (mais les temps changent). Barjack l'utilise aussi pour avoir des dégradés indiscernables entre le 6 et le 8.

8 - Magenta vif (magenta)
Couleur très baveuse (même toute seule), en fait, c'est la plus baveuse de toute la palette : inutile de gaspiller des couleurs pour lui faire un antialiasing en mode 1, l'écran s'en charge. Elle semble hurler de douleur si elle n'est pas aménagée d'un petit dégradé ou d'un peu de finition.

9 - Vert (vert foncé)
Couleur très nette, peut servir de "serti" en antialiasing, pour éviter qu'une couleur ne bave trop (sur un 17 par exemple). Antialiasing universel pour toutes les couleurs de 10 à 26. Je ne comprends pas comment on peut se passer de cette couleur merveilleuse en mode 0. Il peut parfois être remplacé par un 12, mais c'est pas pareil. Quel que soit le dégradé de couleur lumineuse, il peut passer par le 9 avant de redescendre. C'est à mes yeux le squelette dépouillé des couleurs claires qui peut compenser leurs éventuelles bavures à l'écran.

10 - Turquoise (cyan foncé)
Peut compléter un gris pour des teintes métalliques, peut aussi rallonger un dégradé de bleu. Il a parfois été utilisé comme "gris foncé", mais avec peu de bonheur, compte tenu de sa trop grande proximité avec lui. C'est le "gris froid" de la palette. Il peut aussi texturer un 13 pour renforcer son côté métallique (Gryzor). Il est beaucoup utilisé dans les jeux d'aventure pour faire une "sorte de bichromie" avec le 15 (le 11 pourrait jouer ce rôle).

11 - Bleu ciel (bleu clair)
Ressemble au 14, mais permet de mieux faire dominer la saturation bleue dans une trame ou au milieu d'autres pixels (faible dilution). Il permet notamment de renforcer la présence du bleu dans des dégradés un peu "dilués". Par exemple après un 5 ou un 10. Par trame avec le 15, il donne un gris parfait.

12 - Jaune (kaki, jaune foncé)
Se marie bien avec les couleurs 15 à 17 pour des assombrissements doux. Bonne couleur de transition. Il tient la position stratégique du "gris chaud" de la palette, bien qu'il ne ressemble pas à ce qu'on pourrait appeler ainsi. On hésite souvent à le garder dans une palette qui contient aussi du 9. Pour ma part, je trouve qu'ils se complètent pour des antialiasings très précis, le 9 arrête la couleur, le 12 la prolonge.

13 - Blanc (gris)
Couleur à la croisée des chemins. Antialiasing idéal pour les couleurs "pastel" et donc désaturées (17, 22, 23, 25, 26). Cette couleur pivot, si elle se veut indispensable dans une palette de par sa position (elle permet de dégrader des couleurs opposées comme par exemple les couples 23/3, 25/1, 10/16, 9/17, etc.), peut dans certains cas être remplacée par plusieurs couleurs médianes avec un rôle plus précis, comme le 10 et le 12. Au prix de 2 couleurs au lieu d'une, on a des antialiasings moins génériques si besoin, et la couleur peut se tramer facilement avec d'autres sans perdre leur saturation (puisqu'on a maintenant plus de choix).

En revanche, cette stratégie risque de ne pas être gagnant sur un mode 1 où la palette est très réduite, et là, on pourra au contraire préférer le gris si la palette comporte 2 teintes claires.

14 - Bleu pastel
Peut éclaircir un gris sans trop l'influencer. Il est plus polyvalent que le 11 pour les trames. Son utilisation est très symétrique à celle du 16, l'un étant froid, et l'autre chaud. Il est un bon moyen d'assombrir les couleurs lumineuses de façon à peu près "neutre". Aussi, il est souvent utilisé pour assombrir le 17.

15 - Orange
Couleur plutôt rare sur les autres ordinateurs 8bits. C'est la couleur chaude par excellence. Beaucoup utilisée dans les jeux d'aventure pour compléter une teinte "froide" (13 ou 10), elle permet de faire des ambiance colorées selon une version "cheap" du technicolor bichrome (qui, lui, utilise le rouge et le vert, qui seraient trop tranchés sur CPC).

16 - Rose (rose chair)
En cas de sévère réduction de la palette, permet de remplacer le 15 et le 17, en gérant les trames qui l'accompagnent. Permet un dégradé très doux du 15 au 17. Il est souvent utilisé pour les chairs. Mais on sous estime parfois son potentiel dans les trames : il a une luminosité moyenne qui fait qu'il se mélange bien avec de nombreuses couleurs (parfois plus avantageux que le 17 avec des tons clairs chauds, comme le 21 par exemple).

17 - Magenta pastel (magenta clair)
Complément idéal au 22 pour faire un gris clair par trame. Cette couleur marque la dernière couleur avant un palier parfois difficile à gérer vers les couleurs plus claires (18 à 26). Elle a donc une place particulière par son pivot. Le pivot est compliqué à gérer puisque les couleurs plus claires tranchent aussi par leur couleur, dominées par le vert. C'est pourquoi on peut parfois lui préférer le 16. C'est sans doute par trame qu'il y parvient le mieux.

18 - Vert vif
Vert assez violent. La plus sombre des couleurs "claires" (18 à 26), elle a souvent la fonction de palier pour passer vers des couleurs plus sombres. Mais sa forte saturation rend son intégration difficile. Sa principale utilisation est ainsi les feuillages, assombri par les couleurs 9, 12, 10. Sa forte saturation lui donne l'avantage, comme le 2, de dominer sur de petites surfaces, là où les autres verts clairs s'intègrent davantage dans les trames.

19 - Vert marin
Difficile à utiliser : il apporte moins de vert que le 18, il perd vite sa force dans les trames, où sa froideur le rend moins harmonieux. En cas de réduction du nombre de couleur, il pourra éventuellement remplacer un 18+20. L'une de ses utilisations astucieuse peut consister à l'intercaler dans des dégradés très doux (18, 19, 20 ou 18, 19, 22 ou encore 20, 19, 21, 24). Il peut aussi se démarquer dans des trames mode 1 par exemple où ses mélanges seront très différents de ceux obtenus avec le 22, son plus proche voisin.

20 - Turquoise vif (cyan)
Souvent utilisé pour éclaircir un dégradé de bleu, il reste éloigné des autres couleurs, donc brutal. En cas de trame, il a tendance à s'intégrer plus difficilement que son proche 23, sa forte saturation a tendance à délimiter les bords du pixel. Exemple amusant : une trame 20/23 ne semble pas créer de nouvelle couleur, mais on voit en revanche, la texture de la trame. Son avantage pourra être de ne pas trop vite se désaturer si on l'associe au blanc (ciel + nuages par exemple).

21 - Vert citron
Comme le vert vif, mais plus sociable, couleur plus "actuelle" par sa proximité avec le jaune. Sa teneur verte se dilue assez vite dans une trame en revanche. Elle se prête bien à certains dégradés autour des teintes claires (jaune et vert).

22 - Vert pastel
Complément parfait au 17 pour faire un gris clair par trame. Ce vert désaturé peut aussi jouer le rôle d'antialiasing vers les teintes très claires, chose que ne fera pas le 18, plus vif, par exemple. Cela lui donne un rôle plus "sociable" vis-à-vis des autres couleurs. Il est l'une de mes couleurs maîtresses. De tous les verts clairs (18, 19, 21, 22), il est celui qui se fond le mieux dans une trame, ce qui peut être un avantage dans un choix de palette mode 0.

Peut être intéressant comme alternative au 26 pour une teinte claire de la palette mode 1.

23 - Turquoise pastel (cyan pastel)
Il s'utilise très bien en trames pour refroidir des couleurs ou pour des antialiasings vers le blanc (comme le 22 en plus clair et donc plus discret). Il est beaucoup plus facile à mélanger (trames mode 0 par exemple) que son frère le 20. C'est une couleur plus sociable.

Peut être intéressant comme alternative au 26 pour une teinte claire de la palette mode 1.

24 - Jaune vif (jaune)
Difficile à utiliser autrement que pour assumer un jaune vif. Se marie plus difficilement par trame que le 25. Il est un grand classique pour éclaircir les dégradés de rouge (pour le feu notamment). Mais il devient indiscutable lorsqu'il est question de ne pas perdre trop de puissance dans les dégradés : le 25 neutralise les autres couleurs. Par exemple, après un 15, il rendra une ambiance très différente.

25 - Jaune pastel (jaune pâle)
Jaune assez polyvalent dans l'utilisation de la palette (trames, antialiasing, reflets). Couleur plus reposante que le blanc sur de grandes surfaces. C'est une sorte de "blanc chaud".

Peut être intéressant comme alternative au 26 pour une teinte claire de la palette mode 1.

26 - Blanc brillant (blanc)
Fin de la palette. Couleur assez douloureuse sur de grandes surfaces (rapport aux 50Hz de l'écran). Utilisée ponctuellement, peut donner de bons éclats de lumière. On la remplace parfois par des couleurs claires non-neutres (comme les 22, 23 ou 25) de façon à orienter différemment l'équilibrage des autres couleurs de la palette (surtout en mode 1). Cela peut avoir l'avantage de rendre un même bleu plus ou moins tranchant que si l'équilibre des couleurs se faisait avec le 26.

27, 28, 29, 30, 31 - Couleurs doublon vif

Les 5 couleurs 27 à 31 sont purement et simplement des doublons des couleurs respectives 13, 7, 25, 1, 19. En théorie, il existe de minimes différences de couleur, mais dans la pratique, elles ne sont absolument pas observables. Aucune utilité ne leur a encore été trouvée à ma connaissance.


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